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Coordination :
JD Perrier-Gros-Claude (Institut Pasteur du Maroc, Casabanca)
Étude de la sensibilité d'Escherichia Coli isolées des infections urinaires communautaires.
> Situation du projet
> Situation locale
> Résulats attendus
SITUATION DU PROJET DANS LE CONTEXTE INTERNATIONAL
À quelques variations près, l’étiologie bactérienne des ITU est identique partout dans le monde. Les germes les plus fréquents sont les entérobactéries (60-80%). Escherichia coli est le membre de la famille des Entérobactéries le plus fréquemment impliqué en pathologie humaine et tout particulièrement dans les infections du tractus urinaire (Sotto A, De Boever CM, Fabbro-Peray P, Gouby A, Sirot D, Jourdan J. Risk factors for antibiotic-resistant - Escherichia coli isolated from hospitalized patients with urinary tract infections : a prospective study. J Clin Microbiol 2001 Feb ;39:438-44). L’incidence des ITU varie en fonction des études, de la région géographique et du sexe du patient. La dissémination de l’infection au parenchyme rénal (pyélonéphrite) met en jeu le pronostic vital en particulier chez les femmes enceintes.
La situation de la sensibilité des germes par contre est contrastée entre pays développés et pays en voie de développement. Les résultats publiés par les réseaux de surveillance de la sensibilité aux antibiotiques en Europe (ECO*SENS, SENTRY-Europe, ESGAR) ou en Amérique du Nord (The Surveillance Network) sont superposables : Pour Escherichia coli le taux de résistance à l’ampicilline varie de 25 à 35%, de 2 à 10% pour l’association aminopénicilline-inhibiteur de bétalactamase, de 15 à 20% pour le cotrimoxazole (Chomarat M. Resistance of bacteria in urinary tract infections. Int J Antimicrob Agents 2000 Dec ;16:483-7, Fluit AC, Jones ME, Schmitz FJ, Acar J, Gupta R, Verhoef J. Antimicrobial resistance among urinary tract infection (UTI) isolates in Europe : results from the SENTRY Antimicrobial Surveillance Program 1997. Antonie Van Leeuwenhoek 2000 Feb ;77:147-52, Gupta K, Scholes D, Stamm WE.Increasing prevalence of antimicrobial resistance among uropathogens causing acute uncomplicated cystitis in women. JAMA 1999 Feb 24 ;281:736-8, Kahlmeter G. The ECO*SENS Project : a prospective, multinational, multicentre epidemiological survey of the prevalence and antimicrobial susceptibility of urinary tract pathogens-interim report. J Antimicrob Chemother 2000 Aug ;46 Suppl A:15-22). On observe une augmentation de la résistance pour le cotrimoxazole (Gupta K, Scholes D, Stamm WE.Increasing prevalence of antimicrobial resistance among uropathogens causing acute uncomplicated cystitis in women. JAMA 1999 Feb 24 ;281:736-8). Pour les fluoroquinolones, les taux de résistance restent généralement inférieurs à 5%, mais on observe également une augmentation significative du taux de résistance, plus marquée dans certains pays européens (Sorberg M, Farra A, Ransjo U, Gardlund B, Rylander M, Wallen L, Kalin M, Kronvall G. Long-term antibiotic resistance surveillance of gram-negative pathogens suggests that temporal trends can be used as a resistance warning system.Scand J Infect Dis 2002 ;34:372-8).
La co-résistance aux molécules de première intention (ampicilline, cotrimoxazole, fluoroquinolones) devient préoccupante, elle atteint 1.4% aux USA (Karlowsky JA, Kelly LJ, Thornsberry C, Jones ME, Sahm DF. Trends in Antimicrobial Resistance among Urinary Tract Infection Isolates of Escherichia coli from Female Outpatients in the United States. Antimicrob Agents Chemother 2002 Aug ;46:2540-5). Parallèlement la circulation de souches résistantes aux céphalosporines de troisième génération (bétalactamase à spectre élargi, céphalosporinase déréprimée ou acquise) est en augmentation (Kahlmeter G. The ECO*SENS Project : a prospective, multinational, multicentre epidemiological survey of the prevalence and antimicrobial susceptibility of urinary tract pathogens-interim report. J Antimicrob Chemother 2000 Aug ;46 Suppl A:15-22).
Dans les pays en voie de développement, les taux de résistance sont bien supérieurs. Le taux de résistance aux aminopénicillines se situe entre 60-80%, celui du cotrimoxazole 35-45% (Dromigny JA, Nabeth P, Perrier-Gros-Claude JD. Distribution and susceptibility of bacterial urinary tract infection in Dakar, Senegal. Int J Antimicrob Agents. 2002, Iqbal J, Rahman M, Kabir MS, Rahman M. Increasing ciprofloxacin resistance among prevalent urinary tract bacterial isolates in Bangladesh. Jpn J Med Sci Biol 1997 Dec ;50:241-50, Srinivasa H, Parija SC, Bhattacharya S, Sehgal R. A high incidence of ciprofloxacin resistance in urinary isolates in eastern Nepal. J Commun Dis 1999 Mar ;31:45-7). Le taux de résistance aux fluoroquinolones atteint 20% dans certains pays (6). On y observe également la circulation de bactéries multirésistantes (Mansouri S, Shareifi S. Antimicrobial resistance pattern of Escherichia coli causing urinary tract infections, and that of human fecal flora, in the southeast of Iran. Microb Drug Resist 2002 Summer ;8(2):123-8).
Les facteurs de l’augmentation de la résistance sont mal définis. La consommation d’antibiotiques inappropriés est un des risques majeurs de résistance. Cependant, les mécanismes d’acquisition des résistances ne sont pas toujours liés au niveau de consommation des antibiotiques : si l’augmentation des taux de résistance aux quinolones semble liée à une augmentation de la consommation de ces antibiotiques, cela ne semble pas être le cas pour les pénicillines ou le cotrimoxazole (Sorberg M, Farra A, Ransjo U, Gardlund B, Rylander M, Wallen L, Kalin M, Kronvall G. Long-term antibiotic resistance surveillance of gram-negative pathogens suggests that temporal trends can be used as a resistance warning system.Scand J Infect Dis 2002 ;34:372-8). Les antécédents d’antibiothérapie, d’ITU, d’hospitalisation constituent également des facteurs de risque reconnus (Sotto A, De Boever CM, Fabbro-Peray P, Gouby A, Sirot D, Jourdan J. Risk factors for antibiotic-resistant - Escherichia coli isolated from hospitalized patients with urinary tract infections : a prospective study. J Clin Microbiol 2001 Feb ;39:438-44).
SITUATIONS LOCALES
> Sénégal > Cambodge > République Centrafricaine > Madagascar > Côte d'Ivoire > Roumanie > Maroc
Sénégal
Les résultats d’une étude multicentrique (3 centres, patients externes) confirment les résultats publiés sur les données de l’Institut Pasteur de Dakar (2). Pour les entérobactéries, la résistance aux aminopénicillines, au cotrimoxazole et aux fluoroquinolones atteignent respectivement 80, 60 et 10%. Les souches BMR (BLSE, céphalosporinase déréprimée ou acquise) représentent 2% des souches isolées.
Cambodge
Il n’y a pas d’information à l’échelle du pays. Les données concernant la sensibilité aux antibiotiques des bactéries urinaires isolées à l’Institut Pasteur du Cambodge ne peuvent être extrapolées mais elles ont une valeur indicative. Ainsi en 2001, parmi les souches d’Escherichia coli étudiées, plus de 90% étaient résistantes ou intermédiaires aux aminopénicillines, 89% étaient résistantes au cotrimoxazole et plus de 60% aux fluoroquinolones.
République Centrafricaine
L’Institut Pasteur de Bangui vient de réaliser très récemment une étude de la résistance aux antibiotiques des bactéries isolées d’infections urinaires chez des patients adressés à l’Institut Pasteur de Bangui. Si les bactéries gram positif conserve une excellente sensibilité aux antibiotiques les plus utilisés pour le traitement (100% de souches de staphylocoques sensibles à l’oxacilline et 100% de streptocoques sensibles à l’amoxicilline), il en va différemment pour les bactéries gram négatif et particulièrement les entérobactéries qui résistent à plus de 80% à l’amoxicilline et au cotrimoxazole, antibiotiques les plus couramment utilisés. La résistance aux fluoroquinolones est en revanche faible et la première Klebsiella productrice d’une bétalactamase à spectre élargi vient d’être isolée en 2002.
Madagascar
On dispose également de très peu d’informations. Une étude portant sur 1100 souches bactériennes isolées à partir de prélèvements humains de natures diverses (urines, selles, exsudats, suppurations...) au Centre de Biologie Clinique de l’Institut Pasteur de Madagascar, entre octobre 1997 et octobre 1998 a montré une fréquence relative d’isolement d’E. coli (82%), de K. pneumoniae (15%) et de P. mirabilis (3%) dans les échantillons urinaires. L’étude des phénotypes de résistance pour ces bactéries donnait une probabilité de réponse « Résistant » ou « Intermédiaire » lors de l’interprétation de l’antibiogramme, de 65 % pour l’ampicilline, de 58 % pour le cotrimoxazole et de 34% pour les phénicolés. Pour E. coli (souches urinaires principalement) on observait des résistantes particulièrement à l’ampicilline (60%) et au cotrimoxazole (60%). La moindre disponibilité et le coût élevé des alternatives thérapeutiques, notamment dans le cadre des infections urinaires (quinolones urinaires et systémiques, nitrofuranes, fosfomycine-trométamol), pouvant être à l’origine de ce phénomène et expliquer les bons résultats de ces molécules (moins de 5% de souches résistantes). L’utilisation très large de l’ampicilline semble nuire à l’efficacité de l’association amoxicilline + acide clavulanique (33% de souches résistantes). Le chloramphénicol et ses dérivés étaient relativement épargnés (28% de souches résistantes). Les mêmes remarques sont applicables à K. pneumoniae, mais les fréquences de résistance aux antibiotiques de seconde intention avoisinaient déjà les 10 - 20 % en 1998 (acide nalidixique, quinolones systémiques, nitrofuranes, aminosides). Il est à noter la présence, encore rare, de souches productrices de B.LS.E (K. pneumoniae essentiellement). Le recours tardif aux examens de laboratoire pour des raisons économiques et notamment après une première tentative thérapeutique inefficace amplifie sans aucun doute les fréquences d’isolement de germes résistants aux antibiotiques de première intention. Pour cette raison ces résultats doivent être interpréter avec réserve.
Côte d’Ivoire
Une étude a été réalisée entre 1998 et 2001. Cette étude a permis de recruter 2900 souches. Pour E. coli (65% des souches isolées), les taux de résistance à l’ampicilline, le cotrimoxazole et la norfloxacine étaient respectivement de 60, 36, 11%.
Roumanie
Les ITU représentent aussi un problème de santé publique, comme dans les autres pays du monde. L’agent étiologique principal est Escherichia coli. La politique des antibiotiques n’est pas bien réglementée et respectée. Les antibiotiques sont en vente libre. En ville, la seule limitation réelle est représentée par le prix, qui « guide » l’usage des antibiotiques. Pour l’hôpital, le prix des antibiotiques est aussi important et il y a aussi la tendance d’utiliser des molécules bactéricides puissantes à spectre élargi pour diminuer la durée d’hospitalisation. Une étude qui se déroule dans l’Institut Cantacuzène sur les caractères de pathogénicité des souches de Escherichia coli isolées à partir d’ITU chez des adultes hospitalisés et non hospitalisés a montré des taux respectifs de résistance de 9 et 5% pour l’acide nalidixique, de 7 et 3% pour la ciprofloxacine, de 4 et 0% pour le céfotaxime et de 40% pour le cotrimoxazole. Les résultats ne peuvent pas être extrapolés à la population générale mais doivent servir d’orientation.
Maroc
Nous n’avons pas de statistiques fiables concernant les espèces bactériennes isolées dans les ECBU. Cependant certaines études parcellaires et sporadiques réalisées par des équipes et qui restent finalement des bilans d’activités montrent que E. coli représente plus de 95% des germes isolés dans les infections urinaires. Aucune donnée ne se rapportant aux profils de sensibilité de ces souches n’est disponible.
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RÉSULTATS ATTENDUS ET PERSPECTIVES
Les résultats doivent permettre d’établir un état de l’épidémiologie des infections urinaires à E. coli dans chaque pays et de suivre l’évolution de cette épidémiologie dans le temps. Les résultats doivent également permettre l’établissement de conduites thérapeutiques adaptées aux situations épidémiologiques de chaque pays participant qui seront communiquées aux autorités sanitaires locales. |
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COMPOSANTES |
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Antibiorésistance |
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Antipaludéens |
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Antibiorétroviraux |
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Variabilité génétique des agents pathogènes prévenus par la vaccination antipoliomyélite
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Réseau informatique
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PUBLICATIONS DE L'ÉQUIPE |
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Agbessi T, Dosso M, Ouattara L. Contribution à l’étude en zone africaine des activités antibactériennes comparées de 4 nouvelles fluoroquinolones en thérapeutique. Pharmacien Afrique. 1991 ;66,19-27.
Codruta-Romanita U, Damian M, Tatu-Chitoiu D, Capusa C, Fagaras R, Tudorache D, Nica M, le Bouguenec C. Prevalence of virulence genes in Escherichia coli strains isolated from Romanian adult urinary tract infection cases. J. Cell. Mol. Med. 2001 ;5:303-310.
Decousser JW, Pfister P, Xueref X, Rakoto-Alson O, Roux JF. Acquired antibiotic resistance in Madagascar : first evaluation. Med Trop (Mars). 1999 ;59(3):259-65.
Dromigny JA, Nabeth P, Perrier-Gros-Claude JD. Distribution and susceptibility of bacterial urinary tract infections in Dakar, Senegal. Int J Antimicrob Agents. 2002 Nov ;20(5):339-347.
Dromigny JA, Ndoye B, Macondo EA, Nabeth P, Siby T, Perrier-Gros-Claude JD. Increasing prevalence of antimicrobial resistance among Enterobacteriaceae uropathogens in Dakar, Senegal : a multicenter study. Diagn Microbiol Infect Dis. 2003 ;47(4):595-600.
Hima-Lerible H, Menard D, Talarmin A. Antimicrobial resistance among uropathogens that cause community-acquired urinary tract infections in Bangui, Central African Republic. J Antimicrob Chemother. 2003 Jan ;51(1):192-4.
Tatu - Chitoiu D. Antibiotic susceptibility of strains belonging to Enterobacteriaceae family isolated from recurrent urinary tract infections. 1st National Congress of Laboratory Medicine with International Participation CLINILAB, Bucarest, 8 - 10 september 1999.
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