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Coordination :
JD Perrier-Gros-Claude (Institut Pasteur du Maroc, Casabanca)

Constitution d'un réseau d'étude de la résistance aux antibiotiques dans les pays de la Zone Solidarité Prioritaire (ZSP).


> Situation du projet
> Situation locale
> Résulats attendus




SITUATION DU PROJET DANS LE CONTEXTE INTERNATIONAL

La capacité des agents infectieux à résister aux traitements utilisés contre a été reconnue depuis longtemps et devient de plus en plus évident en particulier pour les bactéries.
Cette augmentation de la résistance aux antibiotiques pose des problèmes de santé publique en diminuant l’efficacité thérapeutique et en augmentant la morbidité, mortalité et les coûts des traitements.
Les taux de résistance des bactéries à divers antibiotiques sont en croissance constante. Ces taux varient d’un pays, d’une ville ou d’un hôpital à l’autre. Ils sont fonction de la pression antibiotique exercée contre les bactéries dans ces différents endroits. C’est pourquoi il est difficile de connaître a priori le traitement idéal en cas d’infection bactérienne.
La connaissance des résistances naturelles des espèces bactériennes n’est plus suffisante et il est nécessaire d’actualiser l’état de nos connaissances sur la résistance acquise aux antibiotiques très régulièrement. La réalisation de prélèvements à visée bactériologiques et d’antibiogrammes de façon systématique en cas de croissance bactérienne permet une adaptation a posteriori du traitement. Cependant l’instauration d’un traitement probabiliste en attendant les résultats de la culture bactérienne est souvent indispensable, au moins dans les infections graves. Ce traitement est de plus bien souvent le seul praticable dans les pays en voie de développement dans lesquels la population n’a pas les moyens financiers de payer ces examens à visée bactériologiques. La surveillance régulière du niveau de résistance des bactéries aux antibiotiques y est donc encore plus nécessaire qu’ailleurs.
Cependant les niveaux de résistance acquise doivent pouvoir être comparés aux valeurs antérieures et à celles observées dans d’autres pays. C’est pourquoi la standardisation des méthodes d’étude de la résistance mais aussi d’échantillonnage pour les enquêtes de surveillance de la résistance bactérienne aux antibiotiques sont indispensables. Cette standardisation fait partie des recommandations de l’OMS en matière de lutte contre la résistance aux anti-infectieux.



MOYENS
> Aspects épidémiologiques > Standardisation


Aspects épidémiologiques

La construction du projet a été basée, pour la plus grande part, sur :
- « Les Recommandations méthodologiques pour la surveillance de la résistance aux antibiotiques dans les laboratoires de microbiologie » de l’Observatoire National de l’Epidémiologie de la Résistance Bactérienne aux Antibiotiques (ONERBA)
- « Surveillance standards for antimicrobial resistance » (WHO/CDC/CSR/DRS/2001.5)
- « WHO global strategy for containment of antimicrobial resistance » (WHO/CDC/CSR/DRS/2001.2)

Prévalence
Le but du recueil épidémiologiques est de fournir des informations sur la prévalence de la résistance des bactéries impliquées dans les infections communautaires.

Alerte
Le recueil en devenant pérenne, pourrait être utilisé pour l’alerte : émergence de nouveaux mécanismes de résistance, apparition d’une résistance non décrite dans la population, phénomène épidémique lié à la diffusion clonale d’une souche résistante.

Représentativité
Les projets visent à un recueil essentiellement passif des échantillons biologiques (patients consultant dans les laboratoires de bactériologie). A ce titre des collaborations avec des structures extérieures à celles des Instituts doivent permettre l’élargissement du recrutement et d’améliorer la représentativité des données obtenues.

Facteurs de risques
Pour permettre une analyse minimale sur les facteurs de risque de la résistance, il est nécessaire de collecter conjointement un noyau de données cliniques avec les données microbiologiques. Les fiches cliniques, identiques pour chaque centre, comporteront donc des données minimum (pour tous les patients : âge, sexe, domicile, antécédents d’hospitalisation, antécédents d’antibiothérapie ; pour les patients recrutés dans des structures hospitalières : consultation externe, hospitalisation inférieure à 48 heures). Ces fiches permettront de plus de décrire les populations étudiées et de les comparer entre les centres.


Standardisation

Pour permettre un travail en réseau, pour faciliter les échanges de données et assurer la fiabilité des résultats, les procédures d’ensemencement, d’identification et d’antibiogramme seront standardisées pour l’ensemble des participants.
Ensemencement et d’identification
Dans la mesure du possible, les méthodes d’ensemencement des prélèvements seront standardisées. Le référentiel retenu est le REMIC. Les techniques d’identification seront identiques. Les méthodes utilisées seront les méthodes commercialisées. Le thésaurus des germes sera standardisé.

Antibiogramme
La méthode retenue est la méthode de diffusion en milieu gélosé. Le référentiel retenu est celui du Comité de l’Antibiogramme de la Société Française de Microbiologie (CA-SFM). Les mêmes molécules seront testées par l’ensemble des participants. Le choix des molécules sera adapté aux germes étudiés et varieront selon les bactéries en accord avec les recommandations du CA-SFM. Pour faciliter et standardiser la lecture, un automate de lecture des diamètres d’inhibition sera utilisé dans chaque institut.

Organisation en réseau, Echanges des données
Les moyens mis en place doivent permettre :
- la mise en place un même système informatique de saisie des données bactériologiques permettant également la saisie des données épidémiologiques : lecteur d’antibiogramme Osiris (Biorad) ;
- le développement et l’adaptation d’un système d’extraction de ces données à partir sous un format échangeable ;
- le développement d’un système d’échange de données et de constitution de bases de données centralisées ;
- le développement de systèmes d’analyses des données : collaboration avec les épidémiologistes du RIIPIA.

Formation
Assurer la formation des participants à l’ensemble des techniques utilisées par des formations centralisées et des formations régonalisées.

Contrôle de qualité
Mise en place d’un Contrôle de Qualité Externe :
- Étude de sensibilité et identification des mécanismes de résistance
- Identification bactérienne

RÉSULTATS ATTENDUS
- Développement d’une expertise dans la détermination de la sensibilité des bactéries aux antibiotiques
- Réseau : l’initiation d’une culture de travail en réseau dans le domaine de la surveillance de la résistance bactérienne aux antibiotiques

PUBLICATIONS DES ÉQUIPES

Guillemot D, Courvalin P. Better control of antibiotic resistance. Clin Infect Dis 2001 ;33:542-7. Andremont A. The future control of bacterial resistance to antimicrobial agents. Am J Infect Control 2001 ;29:256-8)
Codruta-Romanita U, Damian M, Tatu-Chitoiu D, Capusa C, Fagaras R, Tudorache D, Nica M, le Bouguenec C. Prevalence of virulence genes in Escherichia coli strains isolated from Romanian adult urinary tract infection cases. J. Cell. Mol. Med. 2001 ;5:303-310.
Coast J, Smith R, Miller M. Superbugs : should antimicrobial resistance be included as a cost in economic evaluation ? Health economics 1996,5:217-226)
Dromigny JA, Nabeth P, Perrier-Gros-Claude JD. Distribution and susceptibility of bacterial urinary tract infections in Dakar, Senegal. Int J Antimicrob Agents. 2002 Nov ;20(5):339-347.

Dromigny JA, Ndoye B, Macondo EA, Nabeth P, Siby T, Perrier-Gros-Claude JD. Increasing prevalence of antimicrobial resistance among Enterobacteriaceae uropathogens in Dakar, Senegal : a multicenter study. Diagn Microbiol Infect Dis. 2003 ;47(4):595-600.

Hima-Lerible H, Menard D, Talarmin A. Antimicrobial resistance among uropathogens that cause community-acquired urinary tract infections in Bangui, Central African Republic. J Antimicrob Chemother. 2003 Jan ;51(1):192-4.

Smith RD, Coast J. Antimicrobial resistance : a global response. Bulletin of World Health Organization 2002,80:126-133).