Seul le nord du Cameroun est situé dans la ceinture africaine de la méningite. Le FSP « méningites » a permis de venir en appui de l’annexe du Centre Pasteur du Cameroun située à Garoua (PCPAG), dans le nord du pays, pour reprendre des activités de surveillance microbiologique des méningites. La surveillance des méningites, négligée depuis des années, a ainsi été réintroduite au nord Cameroun en 2007. Un aliquot de chaque échantillon de LCR collecté dans la région est envoyé au laboratoire du CPCAG (turbidité, Gram, antigènes solubles, tests rapides sur bandelettes pour N. meningitidis des sérogroupes A, C, W135 et Y, culture).
Globalement, 409 LCR ont été testés au CPCAG de janvier 2007 à juin 2008, dont 144 (35.2%) présentaient une numération leucocytaire évoquant une méningite bactérienne. En tout, 24 S. pneumoniae, 23 H. influenzae et 57 N. meningitidis ont été identifiés, par culture ou détection des antigènes solubles.
Quinze méningocoques ont poussé en culture, représentant 28.3% des LCR positifs pour les antigènes solubles. La fréquente mise en œuvre d’une antibiothérapie présomptive, comme les mauvaises conditions d’acheminement des LCR, peuvent expliquer ce faible succès de la culture. Tous les méningocoques identifiés étaient de sérogroupe W135. Le sérogroupe A semble avoir disparu depuis la réintroducton de la surveillance microbiologique des méningites au nord Cameroun en février 2007. Neuf des 15 souches de N. meningitidis ont été génotypées au CCOMS de Marseille. Huit étaient de séquence type (ST-) ST-2881 et 1 était ST-11. Jusqu’à présent, le ST-2881 n’a été associé qu’à des cas sporadiques ou à de petites épidémies, à la différence du ST-11 à l’origine de la grande épidémie de 2002 au Burkina Faso. Toutes les souches de N. meningitidis étaient sensibles aux bétalactamines et au chloramphénicol.