2008 a été une année marquante pour le projet SISEA. Grâce à l’implication des porteurs locaux du projet auprès des autorités de santé - associés aux coordinateurs scientifiques et médicaux - les activités de surveillance épidémiologique ont pu être mises en place au sein de toutes les institutions participantes. Ainsi les trois partenaires vietnamiens (NIHE, IP Nha Trang et IP Ho Chi Minh) et l’institution laotienne ont procédé aux premières phases d’analyse microbiologique et épidémiologique associés à un véritable effort de formation des acteurs locaux de terrain. La démarche suivie a été construite sur une méthodologie comparable dans les 4 pays concernés (sites sentinelles) et l’effort s’est concentré sur des pathologies communes (infections respiratoires et encéphalites). Les capacités de laboratoire de tous les partenaires impliqués dans le projet ont été améliorées grâce à des commandes d’équipements, permettant la mise en place une activité de routine (sélection de cas, prélèvements et analyse biologique) similaire dans tous les instituts. L’effort de formation qui a accompagné la mise à disposition du matériel est un gage de l’utilisation adaptée des nouvelles capacités diagnostiques. Le premier objectif du projet SISEA de renforcement des capacités de laboratoire dans les pays concernés, est donc bien pris en compte.
Pour les deux partenaires qui avaient débuté leur activité en 2007 (l’Institut Pasteur du Cambodge et l’Institut Pasteur de Shanghai), l’année 2008 a aussi été déterminante. En Chine, l’IPS a développé un nouveau test diagnostic virologique et sérologique de l’encéphalite japonaise ainsi qu’un test d’identification des virus influenza A. Avec le travail d’identification des virus respiratoires circulants et l’établissement d’une plateforme viromique pour la détection de pathogènes à l’origine d’encéphalites virales, l’IPS confirme son rôle moteur d’appui scientifique aux partenaires SISEA. Au Cambodge, les activités de surveillance qui ont été mises en place dès 2007 ont été reconnues au plus haut niveau par le Ministère de la Santé : désormais, les sites SISEA font partie intégrante du réseau de collecte des données épidémiologiques nationales. Au Laos, où le projet n’a débuté qu’en 2008, les autorités sanitaires locales ont fait appel à l’expertise de SISEA pour l’investigation sur le terrain d’un cas de grippe H5N1 chez l’homme. L’ensemble de ces résultats confirme que le deuxième objectif de SISEA, le renforcement des programmes de surveillance et de réponse aux pathologies émergentes est bien engagé et reconnu par les Ministères de la Santé locaux.