Une histoire en mouvement
Dès sa création, l'Institut Pasteur a affirmé une vocation internationale.
1887
En juillet 1885, à l’Ecole Normale Supérieure, Louis Pasteur administre pour la première fois le vaccin contre la rage à un homme. La souscription lancée par l’Académie des Sciences, pour permettre à Louis Pasteur de fonder son institut afin d’étendre la vaccination contre la rage, de développer l’étude des maladies infectieuses et de diffuser les connaissances, connaît un large succès en France mais aussi dans de nombreux pays. L’Institut Pasteur, fondé par décret du 4 juin 1887, est inauguré le 14 novembre 1888.
Grâce aux nouveaux laboratoires de cet institut, Louis Pasteur peut rassembler autour de lui une importante équipe de scientifiques, avec déjà à l'époque une forte représentation internationale.
En 1889, un an après l’inauguration de l’Institut Pasteur, Emile Roux ouvre le premier cours de microbiologie jamais dispensé dans le monde, intitulé "Cours de microbiologie technique". Des élèves de tous les pays d’Europe viennent suivre les enseignements théoriques et pratiques de cette nouvelle science.
1891
Les créations sont aussi nombreuses en Afrique. D'abord au Maghreb : le premier institut est fondé à Tunis en 1893, suivi par celui d’Alger en 1894 en Algérie, de Tanger en 1910 et de Casablancaau en 1929 au Maroc. Progressivement, de nouveaux instituts voient le jour à Madagascar (1898) et à Dakar (1923) pour faire face à la fièvre jaune, au paludisme, à la maladie du sommeil et à la lèpre, qui sévissent en Afrique.
1900
1907
1909
1923
1932
Jean Laigret met au point le vaccin contre la fièvre jaune à l’Institut Pasteur de Dakar. Georges Girard et Jean Robin mettent au point un vaccin pour enrayer la peste à l’Institut Pasteur de Madagascar.
1940
A sa création, les principales contributions de l’Institut Pasteur de la Guyane Française reposent sur la mise au point de la thérapeutique de la lèpre, l’épidémiologie du paludisme et de la fièvre jaune.
1953
En août 1946 l’Institut Pasteur de Nha Trang (Vietnam) crée une annexe vétérinaire à Phnom Penh (Cambodge) pour la production du vaccin contre la peste bovine. L’Institut Pasteur de Phnom Penh est créé en décembre 1953, il prend le nom d’Institut Pasteur du Cambodge en 1958 et s’oriente vers la biologie et la pathologie chez l'homme.
Le Dr Claude Chastel isole le virus chikungunya (1961), les sérotypes du virus de la dengue (1962) et le virus de l’encéphalite japonaise (1965). Peu après il décrouvre le virus "Phnom Penh bat" et travaille sur le virus de la poliomyélite et sur la rage humaine. Durant le régime des Khmers Rouge (1975-1979), les bâtiments sont détruits et la quasi totalité du personnel cambodgien est porté disparu. Après sa reconstruction, le nouvel Institut Pasteur du Cambodge est inauguré en février 1995 en centre ville, près de l’Hôpital Calmette et non loin de la Faculté de Médecine. L’Unité de Virologie est créée en décembre 1996 et celle d’Epidémiologie Moléculaire en janvier 2001.
1954
L’Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie est créé en 1954. Suite à une épidémie de dengue qui touche 40% de la population, une mission à Nouméa de l’Institut Pasteur permet l’identification du type viral et aboutit à la création d’une unité d’arbovirologie et d’entomologie en 1974.
1961
L’Institut Pasteur de Bangui, inauguré en 1961, est un établissement reconnu d’utilité publique par le Gouvernement Centrafricain qui se consacre essentiellement à l’étude des virus transmis par arthropodes ou arbovirus.
1972
1972
L’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, inauguré le 27 juillet 1972, participe au développement des techniques de diagnostic rapide des arbovirus et entérovirus et à la surveillance des agents microbiens.
1989
En 1989 les instituts formalisent leur appartenance à cette communauté pasteurienne, ainsi que les droits et devoirs qui en découlent, en adhérant à la Déclaration Générale de Coopération Scientifique. Signée par chaque directeur, c’est la naissance du Réseau International des Instituts Pasteurs. Depuis cette date, et malgré la fermeture de certains instituts (changements majeurs de politiques locales), le nombre d’instituts n’a cessé de croître.
2000
Le Centre de Recherche Pasteur - Université de Hong Kong, né en 1999 et inauguré en 2000, se consacre à la recherche sur les virus qui représentent des problèmes en santé publique dans la région : maladies infectieuses émergentes et résurgentes en Chine (SRAS, grippe, Sida, dengue, hépatite C).
2002
Le CERMES (Centre de Recherche Médicale et Sanitaire), qui rejoint le Réseau International en 2002 avec le nouveau statut d’institut associé, se consacre à la recherche sur les méningites bactériennes, le paludisme et le VIH/Sida.
2003
L’Institut Pasteur de Bruxelles, fondé en 1901 par Jules Bordet, rejoint le Réseau International. En 2008, cet institut est absorbé au sein de la Direction des maladies transmissibles et infectieuses de l’Institut Scientifique de Santé Publique (ISP), qui devient, dans son intégralité, membre correspondant du Réseau International des Instituts Pasteur.
2004
Le Réseau s’étend en intégrant, à leur demande, de nouveaux instituts : l’Institut Stephan Angeloff à Sofia, Bulgarie ; l’Institut Armand Frappier à Laval, Canada, sans oublier la ré-adhésion de l’Institut Pasteur de Lille. A ceux-là viennent s'ajouter trois nouveaux instituts : l’Institut Pasteur de Corée, le Centre de Recherche Université de Hong Kong-Pasteur et l’Institut Pasteur de Shanghai - Académie des Sciences de Chine. La Fiocruz (Fondation Oswaldo Cruz, Brésil) devient institution correspondante du Réseau International.
Le Réseau choisit de se structurer sur une base régionale avec la mise en place de cinq pôles régionaux : Afrique, Amériques, Asie-Pacifique, Europe et Maghreb-Iran. Il se dote d’un budget commun géré par le Bureau Exécutif, composé des directeur de régions et de la direction de l’Institut Pasteur et soutient trois priorités : les actions communes d’enseignement, la mobilité des chercheurs et la mise en oeuvre d’une réflexion stratégique scientifique.
2006
L’Institut Pasteur de Montevideo en Uruguay, fruit d’une coopération tripartite entre les gouvernements français et uruguayen et l’Institut Pasteur, intègre le Réseau International en juin.
2007
La première pierre de l’Institut Pasteur du Laos a été posée en juillet 2007. Ce futur institut national axera ses recherches sur les maladies émergentes et les maladies vectorielles, notamment dans le cadre des incidences de la construction du barrage de Nam Theun.
Références bibliographiques
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DEDET Jean-Pierre. Les Instituts Pasteur d’Outre-Mer : Cent vingt ans de microbiologie française dans le monde. Paris, L’Harmattan : 2000.
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MOREAU Jean-Paul. Un Pasteurien sous les Tropiques. Paris : L’Harmattan, 2006.
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SCHWARTZ Maxime. "Histoire et actualité du réseau international des Instituts Pasteur." Responsabilité & Environnement. N° 51 Juillet 2008.








