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Tuberculose

Le retour de la tuberculose

Lourd passé pour la tuberculose, maladie emblématique du XIXe siècle, que l'on connaissait sous le nom de phtisie.

Alexandre Dumas fils, dans son oeuvre maîtresse La dame aux camélias nous en fournit un exemple célèbre. Après un demi-siècle de prophylaxie et de vaccination, suivi à partir de 1950 de l'usage des antibiotiques, le danger de la maladie s'est éloigné peu à peu dans nos mémoires, du moins dans les pays industrialisés.

Mais, depuis quelques temps, la menace d'un retour se fait jour au sein des couches sociales les plus pauvres, touchant également de plein fouet les malades infectés par le virus du sida. Chaque année, on compte huit millions de nouveaux cas dans le monde et trois millions de morts. Les experts estiment que d'ici l'an 2000, 88 millions de personnes seront atteintes. La situation est particulièrement préoccupante en Asie et Afrique subsaharienne frappées par les deux épidémies conjointes de sida et de tuberculose.

Pourquoi cette recrudescence ? Comment y faire face ? Quelles actions les Instituts du réseau peuvent-ils mener à l'échelon mondial ?

Le moyen de lutte le plus approprié pour stopper l'épidémie n'est pas seulement la vaccination (le BCG est surtout efficace chez l'enfant), mais un traitement utilisant quatre antibiotiques sur une durée de six mois. L'écueil essentiel de ce traitement est qu'il est trop contraignant et trop coûteux. Par ailleurs, on assiste à la sélection des bacilles résistants aux antibiotiques, difficiles à contrôler et responsables de mini-épidémies.

Les problèmes de santé publique n'ont pas seulement des réponses médicales et ce constat est particulièrement flagrant pour la tuberculose. L'existence de traitements efficaces est une condition nécessaire, mais elle est loin d'être suffisante. La victoire contre la maladie exige la mise en place de services médico-sociaux suffisamment bien organisés pour veiller à l'uniformité des schémas thérapeutiques et au suivi médical des malades.

Pour répondre à ce problème urgent, les Instituts du réseau, en liaison avec les autorités médicales des pays concernés, accordent la plus haute priorité au renforcement des programmes de contrôle de la tuberculose. Ils jouent un rôle primordial dans la surveillance de la circulation des différentes souches et dans celle de la sensibilité aux antibiotiques. Ils peuvent également intervenir dans les campagnes de vaccination, dans le dépistage précoce des personnes infectées, dans le diagnostic rapide de la maladie, dans la mise en place et le suivi des traitements antibiothérapiques standardisés.

Dès les années 1960, un programme de lutte important contre la tuberculose a été mené de façon exemplaire par l'Institut Pasteur d'Algérie. Aujourd'hui pratiquement tous les Instituts sont engagés dans la lutte contre la maladie. Certains sont confrontés à des situations préoccupantes, comme à Madagascar où la tuberculose est devenue un problème grave de santé publique, comme en République centrafricaine où 20.000 nouveaux cas apparaissent chaque année, avec une prévalence très importante de l'infection à VIH chez les tuberculeux, ou comme en Asie du Sud-Est, où la promiscuité et la démographie galopante favorisent l'expansion de la maladie.

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